L’effet de l’agroforesterie sur les auxiliaires n’est pas le même en AB qu’en agriculture conventionnelle

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Promouvoir la biodiversité fonctionnelle des cultures en agroforesterie intraparcellaire : le type système agricole est important à considérer !

Au moins pour ce qui concerne les prédateurs généralistes auxiliaires de culture. Ce résultat est tiré de la thèse de doctorat de Sébastien Boinot (UMR ABSys, ex-UMR SYSTEM). Une des études réalisées dans des systèmes de grandes cultures dans le Gers montre que l’effet des lignes d’arbres sur les carabes et les araignées n’est pas le même que l’on soit en agriculture biologique ou en agriculture conventionnelle.

Les rangées d’arbres en agroforesterie intraparcellaire constituent des habitats semi-naturels pour la biodiversité, que l’on appelle aussi IAE, pour Infrastructure AgroEcologique. L’IAE ici est bien la rangées d’arbres et la bande de végétation que l’on trouve au pied des arbres. Les infrastructures agroécologiques (IAE) fournissent des services écosystémiques, mais leurs effets sont parfois mitigés sur les ennemis naturels de ravageurs des cultures. L’objectif de cette étude était d’évaluer le potentiel des prédateurs généralistes (carabes et araignées) à contrôler les graines de mauvaises herbes et les invertébrés nuisibles dans les cultures agroforestières par rapport aux systèmes de cultures pures, dans deux types systèmes agricoles contrastés (conventionnel [conv.] et biologique [AB]). Des piégeages de prédateurs ont été réalisés en mai et juin 2017 dans le sud-ouest de la France sur 12 parcelles de céréales d’hiver : 6 parcelles agroforestières jeunes, en AB ou en Conv., et 6 parcelles « témoin » sans arbre (une parcelle témoin est une parcelle appartenant au même agriculteur, dans le même type de sol et dans laquelle la culture est gérée exactement de la même manière que la parcelle agroforestière appariée).

Résultats :

Cette étude a révélé que l’effet de l’agroforesterie était modulé ici par le type de système agricole. 

En agriculture conventionnelle, la présence des rangées d’arbres a eu un effet négatif sur la « densité d’activité » (variable mesurant l’activité) et la richesse en espèces (c’est-à-dire le nombre d’espèces) des prédateurs généralistes, notamment en ce qui concerne les carabes carnivores dont la densité d’activité a été réduite de près de 50 %. 

En agriculture biologique, la présence des rangées d’arbres a renforcé à la fois la densité d’activité mais aussi la complémentarité des prédateurs généralistes, avec une multiplication par deux de la densité d’activité des carabes semenciers (principalement granivores et omnivores), ce qui pourrait favoriser la lutte contre les graines de mauvaises herbes et les invertébrés nuisibles. Nos résultats suggèrent que l’efficacité de l’IAE dans la promotion des ennemis naturels dépend du type système agricole, qui affecte la disponibilité des ressources et détermine l’intensité des débordements entre les habitats. Les IAE sont souvent perçues comme des sources d’ennemis naturels. Toutefois, les effets de puits et de rétention (c’est-à-dire la réduction ou le retard des retombées dans les champs de culture en raison de l’attrait accru de l’IAE) ne doivent pas être négligés car ils peuvent expliquer les effets mitigés de l’IAE sur les communautés d’ennemis naturels.

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